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| Enfance | année 1960 | année 1970 | année 1980 | année 1990 | année 2000 | année 2004 |
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Enfance | ||||||||
| Naissance de Tony Gatlif (de son vrai nom Michel Dahmani), un certain 10 septembre 1948 dans la banlieue d'Alger d'une famille de gitans andalous. Il découvre le cinéma lors de ces trop brefs passages à l'école car il passe le plus clair de son temps dans les rues. Il est illétré et apprenti voyou mais les souvenirs de cinéma ne le quitte plus. A l'âge de douze ans, et afin d'éviter un mariage arrangé, il part pour Alger. Il prend ainsi ses distances avec la famille et travaille en exercant le métier de cireur de chaussures. Il passe ainsi le début de son enfance jusqu'au tournant des années soixante. |
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| Des souvenirs de sa jeunesse, Tony Gatlif raconte: "On était près de 500 enfants. On vivait dans la rue, libre. On détestait l'école, ses grillages, ses bancs. On ne voulait pas être enfermé." Alors les autorités menacèrent de ne plus verser les allocations familiales à ceux qui n'envoient pas leurs enfants à l'école. Échec.Elles tentent ensuite de substituer la carottes au bâton et promettent lait et farine aux élèves assidus. Échec encore. C'est l'instituteur, qui trouve la solution. Il achète un projecteur 16 mm, inscrit l'école au ciné club Jean Vigo et toutes les semaines, projette un film qui sert de matière première aux cours.Voilà ma culture cinématographique. Toute ma carrière je la dois complètement à cet instituteur, qui m'a avoué il y a quelques années qu'à l'époque il soutenait le FLN." |
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Vers l'âge de quatorze ans il débarque en France, il vadrouille
entre Marseille et Paris. Sans un sous, enfant de la rue, il rencontre
la délinquance, les maisons de redressement. (Une expérience
qui va lui servir pour l'écriture de son premier scénario
: La Rage au poing). Mais Tony Gatlif a une bonne étoile. Alors
qu'il séjourne dans une maison de correction en région
parisienne et grâçe à la complicité d'un
medecin il arrive à s'inscrire à un cours de théatre.
En se remémorant ses séjours en maison de correction il
déclarera plustard: Sur
les Grands Boulevards, dans la journées, il profite des cinémas
pour dormir au chaud. |
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| Année 1960 | |||||||||
| 1966,
un soir il décide d'aller voir son idole, Michel Simon, qui jouait
dans une pièce de René de Obaldia et à la fin du
spectacle, il se glisse dans la loge de l'immense acteur "Je pensais que c'était du cinéma. Quand le rideau s'est ouvert sur cette grande boite lumineuse, avec le vrai Michel Simon, ce fut un choc Quand tous les admirateurs sont partis, Michel Simon qui se démaquillait s'est tourné vers moi en me demandant ce que je voulais. Je lui ai répondu : "je veux faire du cinéma. Est-ce que vous croyez que c'est possible? Il m'a dévisagé un long moment, puis avec cette voix énorme : bien sûr que c'est possible" Dans
la foulée, le comédien lui écrit une recommandation
à l'attention de son impresario. Tony Gatlif intègre un
cours d'art dramatique à Saint-Germain-En-Laye. Ne sachant quasiment
pas lire, il apprend ses premiers textes phonétiquement. Cinq
ans plus tard il est sur la scène du TNP dans une pièce
d'Edward Bond mise en scène par Claude Régi, avec Hugues
Quester. L'autre débutant du spectacle s'appelle Gérard
Depardieu. Parallèlement
au spectacle, Tony Gatlif écrit son premier scénario,
La rage au poing. |
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| Année 1970 | |||||||||
| 1973,
il réalise son premier court-métrage avec Jacques Villeret
et Coline Serreau. Puis il enchaîne les productions sans moyen.
Alors que Gérard Depardieu tourne le film de Bertrand Blier les
Valseuses en compagnie de Patrick Dewaere, Eric Le Hung réalise
le film tiré du scénario de Tony Gatlif 'La rage au poing'.
Scénario inspiré par l'expérience des maisons de
redressement de son auteur. "A cette époque, se souvient Tony Gatlif, j'étais fasciné par l'histoire d'Andreas Baader et j'ai tourné ce film sur la révolution algérienne en pensant à lui." |
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| Année 1980 | |||||||||
| 1981,
il tourne en Espagne, avec des Gitans de Grenade et de Séville,
Corre Gitano - film inédit en france- " Un film raté, estime le réalisateur, parce que j’ai pris le flamenco en spectateur, en aficionado, alors qu’il faut le vivre de l’intérieur. Le premier film dans lequel je revendique ma condition gitane. C'est un film qui dit : 'Je suis Gitan. Malgré tout, les persécutions, le mépris, je suis Gitan. J'existe, nous existons.'" Il obtient son premier réel succès avec son film 'Les Princes' dont le sujet porte sur les Tsiganes sédentarisés de la banlieue parisienne. Tony Gatlif porte un regard sans concession sur cette communauté livré à la pauvreté et au rejet. Ce film pour le réalisateur est un film coup de poing. |
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| Un
direct efficace, élégant, qui sèche le spectateur
et impose un cinéaste, une patte, un auteur. Un film qui marque
la rencontre de Tony Gatlif avec un homme qui a beaucoup compté
pour lui, Gérard Lebovici.
"
Le premier film dans lequel je revendique ma condition gitane. C'est
un film qui dit : 'Je suis Gitan. Malgré tout, les persécutions, le
mépris, je suis Gitan. J'existe, nous existons.'"
Il réalise par la suite trois films qui l'éloignent momentanément du
monde des gitans. Dans la foulée, le producteur lui propose de réaliser
un long métrage sur Jacques Mesrine. Projet qui n'interresse pas le
réalisateur. Lebovici lui donne alors carte blanche. 1988, il enchaine avec Pleure pas my love qui est une réponse à tous ceux qui lui reproche de ne parler que de marginaux. C'est un conte dans lequel Tony Gatlif se révèle un étonnant peintre des sentiments. Une histoire d'amour d' un jeune projectionniste pour une actrice. |
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| Année 1990 | |||||||||
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1990,
il réalise Gaspard et Robinson. La trame de ce film repose sur
l'errance d'un chauffeur routier et d'une vieille femme abandonnée.
Une comédie sociale basée sur une histoire d'amitié
sur fond de chômage. |
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| "Pour moi ce film est un hymne. Au sens premier du terme. Un film qui recrée un lien, à travers la musique, pour l'ensemble du peuple tsigane."
1994, Tony Gatlif signe une comédie
dramatique est c'est encore une rencontre, celle d'une oeuvre et de
son auteur, Jean-Marie G. Le Clezio qui détermine son film suivant,
Mondo, l'histoire d'un enfant de dix ans, sans famille qui débarque
à Nice. 1997, Tony Gatlif consacre un troisème film après Les Princes et Latcho Drom sur le monde des gitans: Gadjo Dilo. Cette dernière oeuvre va rencontrer un succès auprès du public et recevoir de l'ensemble des festivals qui l'on accueilli, enthousiasme et récompenses. 1999,
le film Je Suis Né d'Une Cigogne n'a pas reçu un très
bon accueil. Le sujet porte sur les sans-papiers et les immigrés.
Tony Gatlif prend des risques tant sur la forme que sur le fond. Une
total liberté y est présente et c'est sûrement cette
dernière qui en a pertubée une grand nombre de spectateurs.
Il fallait oser faire parler une cigogne qui plus est de nationalité
arabe. Certains crient au génie, à l'anti-conformisme,
à une certaine poésie d'autres parlent d'un discours simpliste
et plutôt niais. |
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| Année 2000 | |||||||||
| 2000,
Vengo est sur les écrans. Pour le réalisateur, lidée
dun film sur le flamenco remonte à 1981, lannée
où il a tourné à Madrid Corre Gitano avec la participation
du théâtre andalou. La vraie question (et la gageure de
Vengo) était: comment mettre en image quelque chose que se sent,
qui se vit mais qui ne se voit pas ? Tony Gatlif trouve la réponse
en éliminant le folklore qui est souvent lié au flamenco.
Il en résulte un film brute où la musique et la dance
ne font plus qu'un. L'émotion est omiprésente, à
fleur de peau, épidermique. C’est avant tout grâce à Antonio
Canales, célèbre danseur andalou, que Gatlif est arrivé dans Vengo à
transmettre cet esprit du sud. Vengo
se déroule en andalousie, le sud profond où les codes de l'honneur prennent
une telle proportion qu'ils peuvent amener à tuer. Vengo est un drame
dont l'idée de mort est présente tout au long du film
et cette dernière jaillit en conclusion sur les dernière
images. 2001, Swing comme toujours chez le réalisateur est un film à écouter tout autant qu'à voir. La musique dans ce cas précis est du jazz manouche dont le maître absolu en fut son créateur :Django Reinhart. L'histoire est simple, peut-être simpliste mais la vie n'est-elle pas constituée de petits riens. Se rencontrer, partager, échanger autour d'un feu, d'une table avec la musique et la dance au centre du cercle. |
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| Année 2004 | |||||||||
| 2004,
“C'est énorme !!!” Tels sont les propos de Tony Gatlif à propos
de sa sélection en compétition officiel à Cannes.
L'impatiente qui monte durant tout le mois d'avril dans l'attente
de la confirmation
de cette sélection. C'est énorme, une fois l'information
confirmée.
Tony Gatlif est donc à Cannes ce mois de mai. Ce n'est pas
la première
fois puisqu'il y avait été présent en 1993 pour
la présentation du
film Latcho Drom où il avait obtenu le prix dans la section
Un Certain Regard. Mercredi 19 mai la montée des marches
s'effectue avec les acteurs Lubna Azabal
et Romain Duris. Un groupe de musiciens accompagne l'équipe
du film et déclenche quelques déhanchements et pas
chaloupés.Le Flamenco,
la fête et la joie bousculent le protocole un peu rigide du
tapis rouge. |
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Samedi 22 mai clôture du festival de Cannes. Tony Gatlif est appelé sur
la scène du Grand Palais du festival et rejoins pour l'occasion
le metteur en scène égyptien Youssef Chahine. |
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«Exils» évoque le parcours de deux jeunes gens en
quête de leurs origines. L'histoire du film est étroitement liée
au parcours de Tony Gatlif. "Ma mère est gitane, mon père est arabe, je suis né en Algérie, et je l'ai quittée une fois devenu adolescent. J'avais toujours refusé de consacrer un film à ce sujet car j'avais peur de rouvrir des blessures dont je craignais qu'elles ne soient pas encore cicatrisées. J' ai mis du temps, mais maintenant, je crois que ça y est: je suis en train de faire la paix avec l'endroit d'où je viens." La bande son du film en vente depuis le 14 août est comme dans chacun de ses films essentielle. Elle est inextricablement liée aux images et en conséquence à l'histoire des personnages. Leurs pensées, leurs émotions nous sont livrés par cette musique. “La musique est quelque chose de vital. Sans elle, je crois que je serais incapable d'exister, et ce depuis que je suis tout gosse. Sans constituer le moins du monde une religion, elle représente le seul vrai lien entre les morts et les vivants, elle porte la joie, la douleur, la mélancolie et l'amour sur les sommets de l'émotion”. |
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